Bonjour Guy.
Tu as raison de dire que je suis trop catégorique, et on pourrait mal interpréter mes propos, en s'imaginant que j'ai voulu dire que le choix de la musique n'avait pas d'importance.
Je pense seulement que certains s'imaginent que le langage de la musique est universel, qu'il parle à tous de la même manière, et que nous avons tous la même notion de la bonne et de la mauvaise musique.
Je pense que le langage musical est extrêmement codé, et extrêmement connoté.
Les goûts musicaux de quelqu'un nous renseignent immédiatement sur son milieu culturel.
C'est pour cela que le sketch de Jean Yanne sur les camionneurs en train de parler musique classique fait toujours rire.
http://youtu.be/jLMzHKrgBZsNous n'avons pas tous les mêmes références culturelles.
Nous n'avons pas tous non plus la même définition de la poésie.
Je me souviens d'un de mes profs de français qui nous avait dit en début d'année scolaire qu'il y avait deux sortes de poésies:
La poésie-lunettes-de-soleil, qui fait voir "la vie en rose",
et la poésie "révélation", qui nous aide à plonger dans les gouffres insondables de l'âme.
"D'un côté vous avez Saint-Exupery et
le Petit Prince,
de l'autre vous avec Céline et le
voyage au bout de la nuit.
On peut aimer les deux, certes, mais pas de la même manière".
Avec certains de tes diaporamas, quand tu t'interroges sur les animaux en captivité ou sur les soldats de la Grande Guerre, tu vas plutôt dans la deuxième catégorie, et tu choisis bien la musique pour suggérer ce que tu ressens. C'est un exercice que tu réussis très bien car tu sais trouver le langage commun au plus grand nombre, mais on peut aussi s'exprimer de manière plus directe.
Disons aussi que pour certains sujets proches de notre expérience quotidienne, nous avons à peu près tous les mêmes références culturelles, mais quand on nous parle de peuplades lointaines dont le mode de vie est très éloigné des nôtres, les choses sont différentes.
Faire un diaporama avec de jolis paysages exotiques, sur un gentille musique guillerette, et sans vraiment s'intéresser à la vie misérable et très dure des autochtones, ce n'est plus porter des lunettes de soleil, mais carrément des œillères.
C'est comme pour les animaux du zoo. Les trouver mignons et ne pas se rendre compte qu'ils se morfondent d'ennui, au point de ne pas se reproduire ou de tuer leurs petits quand ils en ont, c'est admissible chez les gamins de 10 ans, mais un peu moins chez des adultes.