(A lire obligatoirement pour en saisir le sens)
Le sanatorium
D'abord Chantal. Chantal était ma voisine de table qui a eu un parcours de santé tel le mien, d'abord cancer du poumon, puis triple pontage coronarien, elle est venue quelques jours après moi, vraiment mal en point, se déplaçant avec un déambulateur. Puis, les jours passants, elle avait repris du poil de la bête, redevenait coquette... Puis un jour, elle n'est pas venue au petit déjeuner. Au cours de la nuit, elle avait succombé à une embolie pulmonaire.
Chantal avait une grande famille et le week-end venu, ses nombreux enfants et petits-enfants animaient joyeusement le mini-golf un peu délabré qui, en semaine, restait totalement désert.
Ensuite le banc et la piste d'atterrissage de l'hélicoptère. Le banc était le point de départ de la marche d'une demi-heure destinée à nous faire reprendre du souffle. Partant de ce banc, nous tournions en rond autour de cette piste. Ce banc et les deux autres au bout de la piste étaient forts utiles, car au début du séjour, il nous était impossible de faire plus de deux tours sans être obligés de nous reposer.
Le bar quant à lui était le soir venu le refuge de tous les insomniaques, une faune de vieillards, les uns plus éclopés que les autres, les uns trimballant leur réserve d'oxygène, d'autres même leur cœur externe sur chariot.
Nous y jouions également aux cartes, ce qui créait des liens, mais aussi des disputes mémorables. Le barman sur la photo était mon comparse de chambre.
Enfin la gymnastique, c'était pathétique, la kiné qui nous faisait bouger et nous, surtout les plus vieux, esquissions des gestes hésitants, tronqués, tremblants.
Bref mon séjour à Schirmeck m'a énormément marqué, on n'en sort pas indemne, surtout que l'on se rend compte que l''on fait partie du naufrage. Pourtant j'en suis nostalgique car j'ai aimé toutes ces personnes si fragiles. (Les jolies infirmières aussi)
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