BernardJ'ai deux fils , 19 et 23 ans , il y a onze ans lors de vacances de printemps en Alsace , mon épouse et moi-même sommes tombé d'accord pour une visite au Struthof . Mon fils ainé déjà passionné d'histoire a bien assimilé et supporté .
Quant au cadet , cela a été plus difficile . Il y a quelques semaines , lors d'une discussion , il nous a confié :<< A l'époque , je vous en ai voulu de m'avoir fait subir cette visite , mais maintenant , avec du recul , j'ai compris qu'elle était indispensable pour ma vie d'adulte et je vous en remercie .>>
Voir le Struthof au Printemps est impressionnant de part la disposition de ce camp mais aussi pour l'avoir conservé pratiquement en l'état.
Les barbelés, les baraques, le crématoire permettent de s'imaginer ce que ce lieu pouvait représenter.
La première fois que je l'ai vu c'était il y a 45 ans, en été, un ancien interné le faisait visiter...
glaçant.A l'époque les saisons étaient très marquées, des hivers rigoureux, -30° n'était pas une température d'exception, des étés très très chauds, + 38° aussi.
Les nazis avaient le sens du détail et choisissaient avec soin l'implantation " les lieux de la solution finale "...PLEIN NORD !"
J'ai revu ces lieux en hiver, nous faisions du ski de randonnée en hors piste.
Nous nous étions perdus, il faisant -25°, le vent du nord nous avait gelé le visage, nous avions du mal à parler.
Au sortir d'une clairière, il s'est imposé à nous, les grandes masses noires des baraques, du crématoire et le monument dédié aux déportés.
Ce n'est plus le vent du nord qui nous a empêché de parler !En bas de la vallée, Schirmeck est un lieu de passage obligé, ce musée raconte l'histoire de ces deux camps: Schirmeck camp de redressement, le Struthof camp d'extermination.
Nombre d'alsaciens et mosellans réfractaires à l'ordre nazi sont passés par le premier avant de terminer dans le second en cas de récidive.

Pierre